En arrivant d묨lger, on voyait, � droite, le cimeti�re, pr�s de la basilique de Sainte-Salsa. L�, des chr�tiens se firent enterrer pour reposer pr�s de leur sainte, martyris�e au IV�me si�cle.
Albert Camus :
"La lune s'est lev�e. Elle illumine d'abord faiblement la surface des eaux, elle monte encore, elle �crit sur l'eau souple. Au z�nith enfin, elle �claire tout un couloir de mer, riche fleuve de lait qui, avec le mouvement du navire, descend vers nous, in�puisablement, dans l'Oc�an obscur. Voici la nuit ti�de, la nuit fra�che que j'appelais dans les lumi�res bruyantes, l'alcool, le tumulte du d�sir."
Parfois, la nuit, j'imagine la n�cropole sous le vent et la pluie de l'hiver, dans un pays o� les chr�tiens sont partis et ne reviendront plus tant que je vivrai. Tant que je vivrai... J'ai appris � ne plus m'effrayer du temps qui passe.
Camus :
� Cette distance, ces ann�es qui s�paraient les ruines chaudes des barbel�s, je les retrouvais �galement en moi, ce jour-l�, devant les sarcophages pleins d'eau noire, sous les tamaris d�tremp�s. Elev� d'abord dans le spectacle de la beaut� qui �tait ma seule richesse, j'avais commenc� par la pl�nitude. Ensuite �taient venus les barbel�s (...) �
Lorsque nous sommes arriv�s aux ruines, en 1977 et avant de passer les barbel�s, une horde de petits Arabes nous ont poursuivis pour nous vendre des cartes postales rougies par la terre du lieu. Je n뭓ime pas renvoyer les enfants. Encore une contrari�t� que j뭙nregistre dans ce pays que j뭓i aim�.
Ecoutons le Camus du Retour � Tipasa. Encore, oui, du grand Camus.
"(...) Si nous pouvions le nommer, quel silence ! Sur la colline de Sainte-Salsa, � l'est de Tipasa, le soir est habit�. Il fait encore clair, � vrai dire, mais, dans la lumi�re, une d�faillance invisible annonce la fin du jour. Un vent se l�ve, l�ger comme la nuit, et soudain la mer sans vagues prend une direction et coule comme un grand fleuve inf�cond d'un bout � l'autre de l'horizon. Le ciel se fonce. Alors commence le myst�re, les dieux de la nuit, l'au-del� du plaisir".
� Il apprit � se promener. L'apr�s-midi, quelquefois il marchait le long de la plage jusqu'aux ruines sur l'autre pointe. Il se couchait alors dans les absinthes et la main sur la chaleur d'une pierre il ouvrait les yeux et son c쐕r � la grandeur insoutenable de ce ciel gorg� de chaleur. �